Tribune

L'ingénieur doit reprendre sa place dans le débat public

Voiture futuriste, symbole des choix techniques contemporains

Tribune signée Pierre Bezier, Vice-président de la Fondation Marius Lavet.

Ce que l'on demande à l'ingénieur aujourd'hui ne ressemble plus à ce qu'on lui demandait hier. La rapidité des transitions, l'enchevêtrement des enjeux climatiques, sociaux et techniques, la pression sur les ressources : tout cela impose à la profession de sortir du rôle purement exécutif que l'époque industrielle lui avait assigné.

Un savoir technique au service d'un projet de société

Les ingénieurs d'aujourd'hui doivent pouvoir débattre publiquement de la finalité de leurs travaux, et pas seulement de leurs modalités. Un véhicule autonome est-il souhaitable ? À quelles conditions ? Quels arbitrages éthiques intégrer dans son algorithme de décision ? Ces questions sont d'abord techniques, et personne n'est mieux placé que l'ingénieur pour les poser publiquement.

Un engagement individuel et collectif

Cette responsabilité ne peut pas être uniquement individuelle. Elle suppose des espaces de délibération collective, des médias qui s'intéressent aux débats techniques, des décideurs publics qui sollicitent l'expertise au-delà des chambres fermées des comités consultatifs.

Le rôle de la Fondation

C'est aussi la mission de la Fondation Marius Lavet : non pas seulement récompenser des inventeurs après coup, mais créer un espace où leur parole puisse être entendue avant les décisions, en amont des débats publics, dans la durée. C'est l'enjeu de notre prochaine décennie.